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HARRY LACHMAN

LA BELLE MARINIÈRE

  • 122%Financé
  • 166Contributeurs
  • 18314€sur15000€
  •  En restauration
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LA BELLE MARINIERE VA RENAITRE !

Projet financé. 122% - 171 contributions - 18314 euros récoltés pour un objectif de collecte de 15000 euros.

Un immense merci à tous les collectifs qui se sont mobilisés et grâce auxquels ce film va renaître !

Merci à Patrick GLATRE (Mission Cinéma du CG95) pour ses précieux conseils, merci à ARMOR-LUX pour le soutien original et les marinières, merci au collectif de MERIEL qui a réuni le don le plus important de la campagne avec l'implication de la Commune de MERIEL, de son office du Tourisme, de l'Association des Amis de l'Abbaye Notre-Dame du Val et de l'Association des Amis du Musée Jean Gabin (en particuliers Mathias et Florence MONCORGE, Jean-Louis DELANNOY, Hubert BERGER, Sylvie LEREBOURG et Latifa CHAREF), merci au collectif de BUEIL qui a réuni la Commune de BUEIL, le Musée municipal du Cinéma Jean DELANNOY et l'Association des Amis du Cinéaste Jean DELANNOY (En particuliers, Claire DELANNOY, Michel CITHER, Denis JOULAIN et Rémy DUPONT) ! Enfin merci à tous les fans de cette aventure qui ont permis qu'elle aboutisse avec un clin d'oeil particulier à Charles ZIGMAN, le découvreur de la copie 35mm aux USA !

 

Grâce à cette belle mobilisation, LOBSTER FILMS va pouvoir engager les travaux de restauration de LA BELLE MARINIERE !

La première urgence va être de commander à UCLA une copie négative photochimique de la copie 35mm originale qui a été retrouvée (techniquement, on parle de créer un contretype).

A réception, elle sera immédiatement scannée par LOBSTER a minima en 2K et analysée. C’est à ce moment que l’équipe technique pourra évaluer la somme des difficultés.

Les fonds récoltés donneront une plus grande latitude à LOBSTER FILMS pour faire face aux contraintes techniques qui peuvent s’avérer critiques car, avec un élément unique à la source, impossible de disposer de la flexibilité offerte par la présence d’éléments multiples, notamment en cas de trou de son et/ou de manque d’images. Croisons les doigts !

Si tout se déroule sans anicroche, premières images au printemps…émotion garantie !

Retrouvez ICI les statistiques de la campagne en fonction des lots proposés.


Info du 16 février 2017: Les bobines commandées à UCLA sont enfin arrivées chez LOBSTER FILMS. Une méticuleuse expertise est en cours pour évaluer les difficultés de la restauration. Réponse dans le courant de la semaine prochaine si tout va bien !

 

 

Sortie en salle: 
2 décembre 1932
Acteurs principaux: 
Jean Gabin
Madeleine Renaud
Rosine Deréan
Pierre Blanchar
Producteurs: 
Paramount Studios
Scénaristes: 
Marcel Achard : Scénario
Adaptation et Dialogue d'après sa pièce éponyme
Chef-opérateur: 
Rudolph Maté
Montage: 
Jean Delannoy
Musique: 
Maurice Yvain
Format film: 
35 mm
Format image: 
1,37
Durée: 
80mn
Couleur: 
N&B

Serge BROMBERG, LOBSTER FILMS

La découverte d’un film perdu avec Jean Gabin – et Madeleine Renaud et Pierre Blanchar -  est toujours un événement majeur. Mais la Belle Marinière n’est pas une simple ligne sur la liste des films disparus : c’est avant tout un film important, qui a marqué l’année 1932, et dont les protagonistes ont tous énormément compté dans la vie artistique française.

Harry Lachmann (1896-1965), le réalisateur, aujourd’hui pratiquement oublié, réalisera 45 films entre les USA, l’Angleterre et la France. Producteur de Mare Nostrum (MGM, Rex Ingram, 1926), il revient en France en 1927 pour réaliser une série de documentaires loufoques sur la côte d’Azur, les Travelaughs (parodie du mot anglais « Travelogues »). Photographe et dessinateur né aux USA, il arrive en France en 1911 pour devenir l’ami des surréalistes et peintre post-impressionniste désormais renommé. Ami d’Apollinaire et de Stravinsky, il fut un grand collectionneur d’art, et fut décoré de la Légion d’Honneur 1922 et fait Chevallier des Arts et Lettres en 1965. A 26 ans, il choisit de devenir décorateur dans les studios de la Victorine, où il rencontre Rex Ingram, réalisateur francophile des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (Valentino). Cet grand ami de la France tournera 45 films comme réalisateur entre 1927 à 1942, alternant les comédies burlesques (il réalise le célèbre « C’est donc ton Frère » avec Laurel et Hardy) mais aussi des comédies musicales avec Rudy Vallée, ou des films policiers de la série Charlie Chan, essentiellement pour la 20th Century Fox. Son neveu, Charles Lachmann, fut l’un des fondateurs de la légendaire société de maquillage Revlon.

A l’écriture, Marcel Achard (1899-1974), on ne le présente plus. Quatre fois membre du jury de Cannes (deux fois Président du Jury), il est l’un des auteurs de cinéma et de théâtre les plus prolifiques de sa génération. Avec plus de 70 scénarios, il aura fait tourner les plus grands de son époque, dans leurs plus grands films. LA BELLE MARINIERE est son troisième film, après Jean de la Lune et Mistigri, dont la vedette était à chaque fois Madeleine Renaud.

Pour la photographie, c’est Rudolph Maté,  l’un des plus grands chef opérateurs qui tournera ces images lumineuses. Quelques titres filmés par Maté, pour exemple (parmi 75 films) : La Passion de Jeanne d’Arc (Dreyer), Prix de Beauté (René Clair), Vampyr (Dreyer), , Elle et Lui (Mc Carey, 1° version), Correspondant 17 (Hitchcock), To be or not to be (Lubitsch), Gilda (Vidor), etc.

UNE DISTRIBUTION PLEINE DE JEUNESSE…

Madeleine Renaud, 32 ans et alors Sociétaire de la Comédie Française, n’est pas non plus une débutante dans le monde du spectacle, et elle a déjà été la vedette de deux films français muets. Le succès de Jean de la Lune en 1931 l’a propulsée sur le devant de la scène cinématographique, et La Belle Marinière sera son septième film, et l’un de ses premiers très grands rôles,

Pierre Blanchar est l’autre grand acteur masculin du film. Après dix années d’une prestigieuse carrière, il est alors une star de premier plan. La même année, il aura le rôle principal dans Les Croix de Bois (Raymond Bernard) et dans l’Atlantide (Pabst).

Enfin, Jean Gabin est le héros de l’histoire, le Capitaine d’un jour dont la carrière ne mérite pas à notre sens, d’être précisée ici, tant elle est désormais dans l’ADN du cinéma français.

A PROPOS DU PRODUCTEUR - LES STUDIOS PARAMOUNT FRANCE

LA BELLE MARINIERE fut tourné par les éphémères Studios Paramount, issus du rachat par la société américaine des studios de Louis Aubert à Saint Maurice en 1930. A cette époque, le doublage n’existe pas, et il faut tourner sur place les séquences dans toutes les langues successivement. Acteurs français, allemands, Italiens se succèdent donc dans un même décors pour tourner l’un après l’autre la même scène dans leur langue naturelle. L’arrivée et la généralisation du doublage en 1935 mettront fin à cette pratique, et les studios Paramount France disparaîssent corps et biens en 1934

LA BELLE MARINIERE fait exception à ce principe de versions multilingues. Parce que ses acteurs évoluent dans un univers très français, (la batellerie), les producteurs n’ont pas jugé nécesaire d’établir de version étrangère au film, qui n’existera qu’en français. Le film reçu d’ailleurs un très grand succès lors de sa sortie initiale, le 2 Décembre 1932. Deux ans plus tard, Jean Vigo tournera l’Atalante, faisant entrer le monde des bateliers au panthéon du cinéma mondial.

UN FILM MIRACULÉ

Il semble malheureusement que la quasi totalité des films tournés par la Paramount n’existent plus aujourd’hui que dans des copies médiocres ou tronquées… lorsqu’ils survivent. Nous avons déjà retrouvé deux films perdus d’Henri Garat et Meg Lemonnier (IL EST CHARMANT et UN SOIR DE REVEILLON), copies uniques qui nous permirent de faire notamment revivre Arletty et Dranem dans l’un de leurs grands rôles.

LA BELLE MARINIERE est officiellement un film perdu, que personne n’a plus revu depuis sa sortie initiale. Plus aucun élément ne semblait survivre lorsqu’un chercheur américain nous alerta sur l’existence d’une copie nitrate apparemment abrégée du film, survivant à UCLA FILM ARCHIVES sous un faux titre.

A l'annonce de la nouvelle, j'ai bondi dans un avion pour aller examiner la copie nitrate retrouvée dans les nouveaux locaux de UCLA à Santa Clarita, construits par David Packard et le Packard Institute for Humanities.

Comme vous l'imaginez, ce fût un moment particulièrement émouvant et si la copie semble légèrement tronquée, ô miracle, aucune marque caractéristique de décomposition n'a été détectée ! Les négatifs originaux ayant totalement disparus, nous voici en présence du seul élément exploitable à ce jour.

Le partage de ce merveilleux moment de cinéma des années 30 ne dépend que de nous !

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