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GERARD OURY

LA FOLIE DES GRANDEURS

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PROJET ANNULÉ

La campagne pour la restauration de ce film n'a pas atteint son objectif. Le projet est donc annulé.

 

Nationalité: 
France / Italie / Allemagne de l'ouest / Espagne
Sortie en salle: 
08 Decembre 1971
Acteurs principaux: 
Louis de Funès
Yves Montand
Alice Sapritch
Karin Schubert
Producteurs: 
Gaumont
Mars Films
Coral Films
Orion Filmproduktion
Scénaristes: 
Danièle Thompson
Marcel Jullian
Gérard Oury - d'après la pièce de théâtre Ruy Blas de Victor Hugo
Chef-opérateur: 
Henri Decaë
Ingénieur du son: 
Antoine Bonfanti
Montage: 
Albert Jurgenson
Musique: 
Michel Polnareff
Format film: 
35 mm
Format image: 
1,66
Durée: 
110mn
Couleur: 
Couleur

Le regard de ... JEAN-CLAUDE GUERRERO (Films Bonheur)

Tentez l'expérience. Lancez à l'une de vos connaissances : "Et maintenant Blaze… flattez-moi !".

Il y a de fortes chances que son visage exprime la plus grande stupéfaction et qu'il éclate de rire dans la minute qui suit.

La Folie des grandeurs commence sur cette impériale interjection que Don Salluste lance à son valet, Blaze, et il n'y a pas plus belle scène pour décrire immédiatement le vaniteux, lâche, fourbe, hypocrite et immonde profiteur qu'est ce personnage auquel Louis de Funès apporte un force comique d'une intensité et d'une évidence immédiates. Louis de Funès est à lui seul le premier bonheur de ce film.

La trouvaille euphorisante d’Oury est de faire du méchant le véritable héros, celui qu’on aime détester, en utilisant à fond le génie comique de de Funès, pile hystérique en roue libre aux inventions de jeu extraordinaires.

Le second bonheur de cette Folie réside dans les dialogues d’une grande saveur de Danièle Thompson, fille de Gérard Oury, dialogues qui, en plus de leur drôlerie, sont porteurs de messages : dans Les Aventures de Rabbi Jacob, la famille Oury fustigeait l’antisémitisme à coups de répliques bien senties ; dans La Folie des grandeurs, c’est au tour du cynisme des puissants de se faire étriller.

Après avoir connu les sommets du box-office avec le score vertigineux du Corniaud (plus de 11 millions d’entrées) et, plus encore, avec celui de La grande vadrouille (17 millions de spectateurs - resté pendant longtemps le film record du cinéma en France) le trio Oury / de Funès / Bourvil, avait un sacré défi à relever.

Rêvant depuis longtemps de tourner une version comique du drame romantique Ruy Blas de Victor Hugo, Gérard Oury s'y attelle en envisageant naturellement de rassembler à nouveau son formidable duo d’acteurs. Malheureusement, le regretté Bourvil meurt juste avant le début du tournage ce qui met sérieusement en danger la production.

Contre toute attente, Oury choisit de le remplacer au pied levé par un acteur totalement différent, à savoir Yves Montand. Il est de ce fait obligé de réécrire des passages entiers pour que l’intrigue colle davantage au personnage qui, d'un domestique fidèle mais benêt à la Sganarelle, devenait un fils spirituel de Scapin.

Au final, Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian signent ici une adaptation rocambolesque et farfelue de l'œuvre de Victor Hugo, dont l'auteur est remercié au générique par ces mots entre facétie et irrévérence : « toute ressemblance avec les personnages d’un célèbre drame ne serait que fâcheuse coïncidence » !

Gérard Oury fut un maître du cinéma comique. Chez lui les ingrédients étaient fondamentalement de qualité : une intrigue fondée sur un enchaînement rigoureux de quiproquos, une grande liberté laissée aux comédiens et, en contrepoint, un hommage rendu à l'esprit français, mélange savoureux de débrouillardise, de fanfaronnades et de franche camaraderie. Encore fallait-il que ce Grand Chef fasse "monter la sauce" grâce à ce talent si particulier qui était le sien et qui explose dans La Folie des grandeurs.

On ne compte plus le nombre de scènes cultes qui émaillent le récit : de la collecte des impôts par l’avare Don Salluste, en passant par le réveil matin (il est l’or, monsegnor / l’or de se lever) ou encore les apparitions inoubliables d’Alice Sapritch, c'est à un feu d'artifice de rires auquel le spectateur est convié. 

Pour enrober le tout, l’efficace musique de Michel Polnareff, directement inspirée des compositions d'Ennio Morricone, vient renforcer encore la puissance comique de ce qu’il convient d’appeler un chef d’œuvre du rire à la française.

 

JEAN-CLAUDE GUERRERO (Films Bonheur)

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