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GEORGES LAUTNER

LES TONTONS FLINGUEURS

  • 137%Financé
  • 677Contributeurs
  • 61776€sur45000€
  •  En restauration
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PROJET FINANCÉ !

137% - 677 donateurs - 61776 euros récoltés

Grâce à une forte mobilisation en fin de campagne, la restauration 4K des TONTONS FLINGUEURS est maintenant assurée. Tous les contributeurs qui ont souscrit à un des packs proposés, vont pouvoir suivre chaque étape de cette renaissance... jusqu'à la ressortie du film en salle par Gaumont.

La dizaine de fans ayant souscrits aux packs ''Grisbi'' et ''Façon Puzzle'' ont pu découvrir les coulisses de la restauration début février (Visite des ateliers de restauration mécanique et découverte du film, étalonnage image avec l'étalonneur Bruno Patin et le Directeur Technique de Gaumont, André Labbouz, et présentation de la restauration son par Léon Rousseau du laboratoire Diapason). Quelle chance !

 

Retrouvez ICI les statistiques de la campagne en fonction des lots proposés.

Info du 6 juin 2017:  la restauration du film est achevée et un DCP de validation a été projetéen présence du directeur technique de Gaumont. Bilan du travail ? Parfait à l'image avec de réelles améliorations au son. Un délice !

Actuellement, les équipes d'Eclair travaillent avec celles de Gaumont Vidéo à la création de la future édition...on a hâte d'en savoir plus ! La future édition est annoncée en fin d'année !

Info du 26 juillet 2017:  Les choses sont en train de se dessiner pour la ressortie des Tontons Flingueurs en vidéo. Les fans qui ont soutenu la restauration vont bénéficier d'une petite attention de la part de Gaumont (on en dira plus en octobre car ils recevront leur exemplaire en exclusivité) quant à ceux qui auront droit à la projection chez Gaumont, tout est prêt pour leur faire passer une soirée mémorable fin novembre. Enfin, du côté de Saint-Prix, le premier village à s'être mobilisé pour le projet, on se prépare à fêter dignement l'évènement avec une soirée spéciale autour de la projection du film culte dans cette toute nouvelle version. Là aussi, on vise fin novembre et on se réjouit d'avance à l'idée de célébrer cet évènement !

Nationalité: 
France
Sortie en salle: 
27 Novembre 1963
Acteurs principaux: 
Lino Ventura
Bernard Blier
Francis Blanche
Producteurs: 
Robert Sussfeld and Irenée Leriche
Scénaristes: 
Albert Simonin : Auteur de l'œuvre préexistante - Georges Lautner et Albert Simonin (Adaptateurs) - Michel Audiard (Dialoguiste)
Chef-opérateur: 
Maurice Fellous
Ingénieur du son: 
Antoine Archimbaud
Montage: 
Michelle David
Musique: 
Michel Magne
Format film: 
35mm
Format image: 
1,66
Durée: 
112mn
Couleur: 
N&B

Le regard de ... Matthieu ROSTAC (So Film)

« Quand on sort de Max Linder et qu'on voit Les Tontons Flingueurs, on se rend compte de la dégradation du comique cinématographique » avait écrit Le Monde en ce mois de novembre 1963, date de sortie du film de Georges Lautner, malgré un succès public de 3 millions d'entrées. Il faut dire que dans un cinéma français en pleine Nouvelle Vague, l'arrivée d'une parodie de polar, film de commande produit par Gaumont, accompagné d'un parterre de gueules de cinéma « à l'ancienne » telles que Lino Ventura, Bernard Blier, Jean Lefebvre ou Francis Blanche, n'emballe pas la critique. Plus de cinquante ans plus tard, ce sont 65 millions de français – ou presque – qui connaissent les « Tontons ». Quelques Américains aussi, et pas des moindres : Quentin Tarantino avait confié s'être inspiré des longues scènes de dialogues, écrits par Michel Audiard, pour composer ses propres tirades dans Reservoir Dogs ou Pulp Fiction. Max Linder, lui, est toujours coincé dans les limbes de la cinéphilie burlesque.

Plus que n'importe quel autre film de l'histoire du cinéma français, Les Tontons flingueurs cristallise l'essence du cinéma populaire en même temps que l'idée de film culte. Il y a les bruits de pétoire, totalement disproportionnés mais tellement ancrés dans l'inconscient cinématographique qu'on serait déçu de connaître le « vrai » son d'un silencieux. Il y a cette ritournelle de banjo à chaque mornifle de Ventura, entêtante au point d'en devenir un réflexe pavlovien. Et puis, il y a les dialogues d'Audiard, chargés d'argot, de lyrisme, de suranné. Cet amour interdit de la langue française qui consacra néanmoins le dialoguiste comme meilleur souffleur du cinéma français, et qui fit entrer certaines expressions dans l'usage courant de notre chère langue : « Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît », « Touche pas au grisbi ! », « Faut reconnaître... C'est du brutal ! » ou encore « Aux quatre coins d'Paris qu'on va l'retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle ! », pour ne citer que les plus connues. Les Tontons flingueurs, c'est du patrimoine, tout bonnement. A la limite de l'immatériel de l'UNESCO.

Mais en coulisses, certains éléments des Tontons Flingueurs, qui apparaissent aujourd'hui comme indissociables du film de Lautner, auraient pu finir aux oubliettes. D'abord, le titre du film, qui aurait pu s'appeler Le Terminus des prétentieux si Lautner n'avait pas jugé trop ronflant ce titre proposé par Audiard. Ensuite, le personnage principal, Fernand Naudin. Indissociable de la bobine pince-sans-rire de Lino Ventura – qui ne croyait pas en son potentiel comique à l'époque ! –, ce dernier aurait pu prendre vie sous les traits de... Jean Gabin, si celui que l'on surnommait « le Patron » n'avait pas un peu trop usé de son sobriquet avec Lautner. Enfin, la fameuse scène de cuisine où la troupe, « pas venue pour beurrer les sandwichs », fait néanmoins une trêve en dégustant cette « boisson d'homme » qu'une certaine « Polonaise prenait au petit-déjeuner ». Jugée trop statique par Audiard, la séquence a été gardée in extremis par Lautner, qui y voyait une façon de densifier le personnage de Raoul Volfoni, incarné par Bernard Blier, ainsi qu'une manière de payer ses hommages au film noir Key Largo de John Huston. Désormais, cette scène de cuisine de campagne – ainsi que la larme non feintée de Lefebvre, parce que Blanche lui avait versé de la poire assaisonnée au poivre dans son verre – est celle qui revient immédiatement en mémoire quand il s'agit d'évoquer « Les Tontons ». Comme quoi, il tient à peu de choses de passer d'une petite commande de la Gaumont au film le plus emblématique de l'histoire du cinéma français.

Et comme les Tontons ne sont rien sans leurs neveux, petits-neveux, arrière-petits neveux... Il est grand temps de se mobiliser avec en ligne de mire une projection 4K chez Gaumont en famille. Histoire de leur faire revivre une époque où les "boissons à base de jus de pomme" se buvaient moins en rangées de shots, qu'attablés en cuisine !

Matthieu ROSTAC pour SO FILM

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